Croire ce qu’on nous dit
ou accompagner nos enfants vers une pensée autonome ?
Introduction – La confiance comme point de départ, pas comme destination
Être parent, c’est apprendre à faire confiance. Faire confiance à l’école, aux enseignants, aux méthodes, aux notes. Cette confiance n’est ni naïve ni aveugle. Elle est souvent une nécessité. Car nul parent ne peut tout vérifier, tout comprendre, tout anticiper. Croire ce que l’on nous dit permet d’avancer, de ne pas vivre dans l’angoisse permanente de « mal faire ».
Mais cette confiance devient problématique lorsqu’elle empêche toute question. Lorsqu’elle nous éloigne du vécu réel de l’enfant. Lorsqu’elle remplace la compréhension par la simple validation extérieure. Car l’enjeu de l’éducation ne se résume pas à savoir si “ça va”, mais à comprendre comment l’enfant pense, apprend et se construit.
Croire rassure, mais comprendre construit
Croire soulage. Comprendre engage. Comprendre oblige à ralentir, à écouter, à accepter que l’apprentissage ne soit pas toujours linéaire ni immédiatement visible. Un enfant peut sembler réussir tout en restant fragile intellectuellement. Il peut obtenir de bonnes notes sans maîtriser réellement les concepts. Il peut appliquer sans comprendre.
C’est souvent lors des transitions scolaires, des changements de niveau ou des situations nouvelles que cette fragilité apparaît. Non pas parce que l’enfant manque de capacités, mais parce qu’il n’a pas été suffisamment accompagné dans l’acte de comprendre, et pas seulement dans celui d’exécuter.
L’inconfort du doute : une étape nécessaire
Un enfant qui doute n’est pas en train d’échouer. Il est en train de penser. Mais le doute est inconfortable pour lui… comme pour ses parents. Il fait émerger des questions auxquelles nous n’avons pas toujours de réponses immédiates. Il oblige à sortir du réflexe « c’est juste / c’est faux ».
Accepter cet inconfort, c’est accepter que l’apprentissage soit un processus intérieur, parfois invisible, souvent silencieux. C’est faire le pari que la compréhension profonde vaut mieux qu’une réussite rapide mais fragile.
Le rôle éducatif des parents : autoriser la pensée
Les parents ne sont pas là pour remplacer l’école. Ils sont là pour compléter ce que l’école ne peut pas toujours faire : donner du temps, de la sécurité émotionnelle, et le droit d’explorer. Un parent qui demande à son enfant « explique-moi comment tu as pensé » plutôt que « c’est combien ? » participe activement à la construction de l’esprit critique.
Aider son enfant à chercher, ce n’est pas le mettre en difficulté. C’est lui apprendre qu’il est capable de comprendre par lui-même, même si cela prend du temps. C’est lui transmettre une confiance durable, indépendante des notes.
Conclusion – Former des enfants capables de penser
Croire ce que l’on nous dit n’est pas une erreur. Mais s’y arrêter l’est. Nos enfants auront à naviguer dans un monde complexe, incertain, saturé d’informations. Leur plus grande force ne sera pas ce qu’ils savent, mais leur capacité à comprendre, questionner et raisonner.




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